rash Le monde à l'endroit, Ron Rash, éditions du Seuil, 19.50€ 

Lors d'une de ses nombreuses parties de pêche, Travis, jeune homme de 17 ans, découvre des pieds de cannabis dissimulés dans la forêt.Il décide d'en revendre quelques uns à Léonard, un dealer vivant en mobile home.
Quelques temps plus tard, Il quitte alors sa famille (notamment un père autoritaire et méprisant) et s'installe chez Léonard.Celui-ci, un professeur déchu de ses fonctions, prend Travis sous son aile et, voyant les capacités du gamin, le convaint de passer un examen qui lui donnera accés à l'université.
C 'est le roman de la rédemption et de la volonté sur fond de massacres durant la guerre de secession,introduite dans le roman par la  retranscription du carnet de bord d'un médecin de campagne de l'époque.
Sommes nous prisonnier de notre héritage familial, Devons-nous nous sentir coupables des crimes de nos ancètres ? ce sont les questions qui hantent les personnages de Ron Rash.   
Comme seules bouffés d'oxygène  les descriptions de la nature propre aux montagnes Appalaches.
 

bruit choses

Le bruit des choses qui tombent, Juan Gabriel Vasquez, Ed. du Seuil, 20€
 
Professeur de droit à l'université de Bogotà, Antonio Yammara voit son existence basculer le jour où, marchant dans la rue avec Ricardo Laverde avec qui il avait sympathisé en jouant au billard, deux hommes ouvrent le feu. Antonio est gravement blessé mais Ricardo Laverde meurt sur le coup. Traumatisé par cet évènement, la vie lui semble dès lors aussi absurde que l'attentat demeure mystérieux. Anxieux et angoissé, il délaisse peu à peu son couple en s'obtinant à rechercher pourquoi on a pu abbatre Laverde. Je n'en raconte pas plus...
 
Ce roman, au titre si envoûtant, explore le traumatisme et les failles d'un homme; et surtout celle de son pays: la Colombie. La grande Histoire, la petite histoire s'entremêlent, s'entrechoquent et résonnent entre elles en ravivant les cicatrices de la société colombienne.
 

capitana

La Capitana, Elsa Osorio, éditions Métailié, 20€.
 
Dans La Capitana, Elsa Osorio nous restitue le portrait d'une femme au destin hors du commun: Mika Etchebéhère. Fille de parents juifs immigrés en Argentine au début du XXe siècle, elle a traversé le siècle dernier aux côtés des vaincus de l'Histoire. Impuissante, elle assiste en janvier 1933 à Berlin à l'ascension d'Hitler au pouvoir avant de rejoindre trois ans plus tard le front républicain espagnol en lutte contre les franquistes. C'est dans ses tranchées, entourée d'hommes, qu'elle prend la tête d'une colonne de miliciens et devient pour eux "La Capitana". Inlassable militante, elle aura pris part au mouvement intellectuel dès les années 1930 et jusqu'à son décès en 1992.
Plus qu'un roman sur l'engagement, Elsa Osorio restitue avant tout le destin d'une femme passionée. Passionée par les valeurs qu'elle défend mais aussi par un homme, Hypolito, intellectuel qui passera plus de temps au sanatorium qu'au front... rongé par la tuberculose. Rompant avec les codes classiques de la biographie, Elsa Osorio restitue ce destin en jonglant avec la chronologie, faisant naître une tension captivante.