Incroyable, je viens de me rendre compte que je ne vous ai même pas parlé du fabuleux roman de Jean Noël Blanc, allez, en 3 clics, je récupère la brêve que j'ai faite pour le site Initiales et hop!

Un très bon moment de lecture pour votre été entre sieste et contemplation des herbes folles !!!

 

inauguration des ruinesD'un prologue sous titré : « où la naissance légendaire de Loÿs le Briet est racontée au plus-que-parfait, temps réservé comme on le sait à ce qui devait depuis longtemps arriver », au premier chapitre, sous-titré : « où l'on retrouve Loÿs le Briet (enfin débarrassé de la légende abracadabrante de sa naissance) sous les traits d'un vieillard égrillard et flapi qui se régale à voir des jeunes gens nus », le ton est donné.

Le lecteur est invité à suivre le récit parfois truculent et coquin de la vie de Loÿs le Briet, qui va conquérir Neaulieu, sa cité d'origine, et y bâtir un empire économique, dessinant ainsi à jamais la forme d’une ville. Les trois générations qui lui succèderont vont avancer jusqu’à nos jours sur les traces de l'auguste aïeul, au milieu des amours, des ambitions et des folies.

On lit ce livre comme un feuilleton du XIXème, siècle fondateur de ces grandes fortunes industrielles, mais le roman devient vite un texte du XXIème, à l’allure résolument contemporaine et originale. Car l'auteur joue et ça se sent. Tout en variant sans cesse les modalités d’écriture, il nous parle d'architecture, de peinture, de politique, d’amour, d’économie, de poésie, en juxtaposant des chansons, des éléments de biographie, des citations, des récits, des aventures tragiques, des épisodes érotiques ou drôles…

Au passage, il aime surprendre son lecteur, en créant des intermèdes jubilatoires : « parenthèse instructive » sur l'onanisme (?!), chants révolutionnaires, haïkus, listes d’adjectifs convenant à la description des vents nauséabonds, etc.

C’est malin et vif. Ce n’est pas si fréquent de lire un roman avec un perpétuel sourire et une vraie jubilation, et d'avoir envie, dès qu'on a cinq minutes, de retourner à la lecture pour connaître la suite et le fin mot de l'histoire (ou les mots fins de l'histoire).

Chapeau Jean-Noël. Bravo Jean-No. Merci Jean-Nono.

Parce qu’il faut maintenant l’avouer, je suis découverte : il m’est difficile d'être totalement objective sur le nouveau roman de Jean Noël Blanc, puisque cet écrivain fréquente la librairie et soutient, depuis longtemps les libraires indépendants (ceux qui savent ne se demandent donc pas pourquoi !!!). Mais ce livre est « le » roman de sa vie (30 ans à le bichonner), le roman d'une vie (celle de Loÿs le Briet) - et j'oserais même dire, sans mentir, allez soyons fous, le roman de La vie (par sa portée universelle) !